L’agroforesterie avec les arbres fertilitaires permet d’enrichir les terres. Ainsi, les sols enrichis augmentent les rendements des cacaoyers permettant aux paysans de sortir de la pauvreté.

Exemples de cultures du cacao:

 

  • Togo : 200.000 € pour mettre en place 4.110 champs de cacaoyers complantés d’arbres fertilitaires (AF) de minimum 1 ha chacun dans 30 villages. Ces cultures nous ont permis de faire vivre ces villages et constituent leur principale possibilité d’existence.
  • Côte d’Ivoire : 100.000 € pour mettre en place 1.644 champs agroforestiers de cacao dans 12 villages. Ces cultures nous ont permis de faire vivre ces villages et constituent leur principale possibilité d’existence.
  • Cameroun : 60.000 € pour mettre en place 1.233 champs agroforestiers de cacao dans 3 villages. Ces cultures nous ont permis de faire vivre ces villages et constituent leur principale possibilité d’existence.

L’agroforesterie par les arbres fertilitaires (A.F.) pour la culture du Cacao.

  1. Préambule

Actuellement, le premier facteur de déforestation dans les pays producteurs de Cacao est la mise en place de nouveaux champs de cacaoyers. En effet, la culture du cacaoyer exige un sol forestier riche en humus.

Après 25 années de culture de cacaoyers sur la même terre (sans arbres forestiers), celle-ci, s’appauvrie en humus, ne permet plus une bonne culture du Cacao, et ceci malgré l’apport d’engrais chimiques.

Les paysans doivent dès lors trouver un nouveau front forestier en abattant les rares forêts accessibles existantes ou, pire encore, les parcs nationaux et aires protégées.

Albizia zygia et stipulata de 2016 associés à des Cacaoyers (APAF-Côte d’Ivoire)

  1. Les arbres fertilitaires (A.F.) et la culture du Cacao.

– Grâce à l’introduction d’A.F. dans les champs de cacaoyers, les paysans n’ont plus besoin d’un front forestier à détruire pour installer de nouvelles plantations. Les A.F. permettent aux paysans de reconquérir des terres fortement dégradées.

Après 2 ou 3 années d’implantations d’A.F., les sols retrouvent leur richesse pour cultiver le Cacao. Les faits énoncés ci-dessus nous permettent de conclure que l’agroforesterie par les A.F. est le seul itinéraire technique permettant d’arrêter la déforestation dans les pays producteurs de Cacao.

De même humainement, la meilleure solution pour permettre aux paysans de quitter les parcs nationaux et les aires protégées, qu’ils occupent illégalement, est de leur enseigner les techniques agroforestières par les A.F. qu’ils pourront, par exemple, pratiquer sur des terres dégradées mises à leur disposition par les autorités.

Par la suite, ces parcs nationaux et aires protégées, ne subissant plus la pression humaine, pourront se reboiser par régénération naturelle (et plantations si nécessaire), ce qui permettra à la flore et à la faune sauvage de se reconstituer. Notamment en ce qui concerne la préservation et le retour des chimpanzés, des éléphants forestiers, des hippopotames nains, des écureuils volants, des pangolins, des léopards…

–  La vulgarisation en milieu paysan de l’agroforesterie par les A.F. dans les pays producteurs de Cacao est la meilleure arme donnée à leurs gouvernements pour lutter efficacement contre la déforestation, ceci, sans provoquer de problèmes sociaux.

De l’expérience tirée des résultats antérieurs de l’APAF, l’adoption des techniques agroforestières avec les A.F. par les paysannes et paysans est le premier pas fait par ceux-ci pour protéger leur environnement.

Par la suite, grâce à tous les bénéfices et avantages liés aux pratiques agroforestières, les paysans sont d’accord d’effectuer le deuxième pas qui consiste à participer à des actions de pur reboisement, de protection et de régénération des aires protégées et des parcs nationaux.

 

  1. Proposition pour des partenariats financiers entre l’APAF et des bailleurs de fonds intéressés par le développement de l’agroforesterie par les A.F. au niveau de la culture du Cacao.

– L’APAF a une très bonne maîtrise de la technique agroforestière par les A.F. Elle a redécouvert cette technique ancestrale, dans de vieux champs agroforestiers traditionnels de la région des Plateaux-Ouest du Togo en 1992.

C’est dans ceux-ci qu’elle a répertorié les différentes essences d’arbres associés aux cacaoyers (+ de 25 essences), mais également les arbres associés aux caféiers, palmiers, bananiers, arbres fruitiers, et toutes sortes de cultures vivrières (en tout, + de 46 essences différentes d’A.F.). Par la suite, dès 1993, l’APAF au Togo, mais également en Côte d’Ivoire et au Cameroun, ont produit des résultats significatifs à l’échelle du secteur cacaoyer.

– Eu égard à ces résultats et expertises encourageants, l’APAF propose aux différents bailleurs de fonds (fondations, coopération institutionnelle, entreprises, particuliers, ONG…)  de participer aux financements des projets agroforestiers initiés et réalisés par l’APAF en Afrique et en particulier au niveau des projets agroforestiers par les A.F. pour la culture du Cacao.

– Actuellement, l’APAF a obtenu, pour développer l’agroforesterie par les A.F. dans les plantations de cacaoyers, un financement de 360’000 € pour deux années d’activités de la part de la Fondation Yves Rocher :

« De façon à faire bénéficier aux bailleurs de fonds, intéressés par le financement des activités de l’APAF, des économies d’échelle et un appui aux démarrages des activités qu’ils voudraient entreprendre avec nous, nous leur proposons de financer des projets spécifiques dans les trois pays déjà couverts par le projet APAF » – Fondation Yves Rocher.

Actuellement, les 30.000 familles paysannes togolaises qui ont bénéficié des projets et programmes APAF ont maintenu et agrandi leurs champs complantés d’arbres fertilitaires, et de nouveaux paysans ont répliqué et adopté spontanément les techniques dans la zone des projets APAF.

C’est la preuve d’un changement de comportements et d’attitudes des paysans sur le long terme, ce qui garantit, aux donateurs, la permanence du système mis en place.

Les femmes, comme les hommes, profitent directement de ces projets : réduction de la pénibilité des tâches féminines, proximité du bois de chauffe, réapparition des sources proches du village, restauration de la fertilité des sols près du village, augmentation de leurs revenus ; ceux-ci ont les moyens de payer la scolarité et les soins de santé de leurs enfants.

Mesdames et Messieurs, en finançant l’action de terrain de l’APAF vous avez la garantie que votre don sera réellement utilisé au profit des bénéficiaires, paysannes et paysans africains, producteurs de Cacao, et que votre geste a un impact positif réel sur les conditions de vie des populations d’Afrique et leur environnement.